Ryanair, EasyJet, Transavia… Les compagnies aériennes low-cost

La compagnie aérienne souhaite installer dans ses avions des espaces où les passagers voyageraient debout, en échange de fortes réductions. Une idée sur laquelle Airbus a déjà travaillé.

Michael O’Leary tient sa nouvelle trouvaille. Le remuant patron de Ryanair, toujours à l’affût d’un bon coup médiatique, discute actuellement avec l’avionneur Boeing pour aménager ses avions d’une manière particulièrement originale. Afin de gagner en rentabilité, il envisage de faire voyager certaines personnes en position debout, augmentant ainsi le nombre de passagers sur chaque vol. En échange, les places seraient proposées avec une réduction d’au moins 50%. L’idée est à un «stade de développement très précoce», a confirmé un porte-parole, sans indiquer la durée des vols concernés.

Ces derniers mois, Michael O’Leary s’était déjà distingué en suggérant de taxer les personnes en surpoids et de faire payer l’accès aux toilettes dans ses avions – l’idée a finalement été repoussée sine die. Le vol en position debout, qui pourrait s’apparenter à une nouvelle opération de communication, n’a pourtant rien de farfelu. En Chine, la compagnie aérienne Spring Airlines tente de le mettre en pratique dans des avions Airbus. Selon un compte-rendu de la télévision publique chinoise CCTV, l’idée aurait été soufflée par le vice premier ministre chinois, pour qui les voyages en avion devraient s’inspirer des trajets de bus.

La position debout permettrait en effet d’embarquer jusqu’à 40% de passagers supplémentaires et s’accompagnerait d’une réduction des coûts de 20% pour la compagnie, selon les calculs de Spring Airlines. Du côté de Ryanair, on n’envisage pas encore d’en arriver là. D’après le porte-parole de la compagnie, il s’agirait pour l’instant d’installer d’un côté de l’avion quatre rangs de supports ressemblant à des tabourets de bar et munis de ceintures de sécurité. Au décollage comme à l’atterrissage, les passages devront être «assis verticalement» et surtout convenablement sanglés.

Un projet d’Airbus dès 2003

L'illustration proposée par le New York Times.
L’illustration proposée par le New York Times

Ce point est crucial dans la délivrance du certificat de navigabilité, le sésame qui autorise les avions à décoller. En France, il est indiqué que «tout passager doit avoir sa ceinture de sécurité [attachée à son siège] pendant le décollage et l’atterrissage, et en toute circonstance où le commandant de bord l’estime nécessaire». Si les règles peuvent légèrement varier, la position debout dans les avions de ligne n’a pour l’heure reçu le feu vert d’aucun pays. Les autorités devront en effet veiller que la sécurité des passagers en cas de turbulences est aussi bien assurée que sur des sièges traditionnels.

Ce sera donc aux avionneurs de proposer des projets suffisamment convaincants. «Si Boeing ne peut pas le faire, nous n’irons pas plus loin», a prévenu Ryanair, qui souhaite reconvertir sa flotte actuelle. Du côté d’Airbus, on a déjà planché sur cette position debout avec l’idée de la vendre aux compagnies aériennes asiatiques, comme l’avait révélé le New YorkTimes, illustration à la clé. Mais l’idée, qui ressurgit aujourd’hui, avait été officiellement abandonnée. C’était en 2006, du temps où le luxueux A380 effectuait ses premiers vols. Airbus disait alors privilégier la «recherche du confort».

Sa ligne n’a pas varié. Contacté, Airbus nous a indiqué mardi qu’il ne travaillait toujours pas «sur de tels espaces où les passagers voyageraient debout». «Les autorités en charge de la certification sont très claires sur ce point : les passagers doivent voyager assis», explique l’avionneur.

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